© Sacha Bernardson 2019

Backpack by Sacha Berrnardson

C’est un peu comme faire sa valise à la dernière minute, et ne choisir que des parfums, des objets porte-bonheur et quelques livres fétiches.
Je vivais à Bordeaux, où j’avais su m’entourer d’un nombre inconséquent de fous à lier, et toute la magie qui en ressortait créait autour de moi un climat très inspirant.

Je me souviens avoir reçu mon autoharpe pendant l’enregistrement, et d’être parti ensuite faire quelques concerts en Ecosse avec.
Ce petit album c’est quelque chose plein d‘espoirs, il était destiné à être beaucoup plus gros, mais cette première expérience d’autoproduction m’avait épuisé et cette forme courte avait finalement son sens : voyager léger ! J’ai laissé quelques titres dans une boite, ils n’ont vécu qu’un temps sur quelques scènes.

L’anglais est une bénédiction pour moi. Du moins à cette époque, je n’avais qu’une vague idée de ce que je chantais, et j’ai pu expérimenter le surréalisme dans la production mais aussi dans l’interprétation, car je chantais sur scène des « images » plus que des « mots ».
Je crois même que c’était encore plus flou que ça, qu’il n’y avait que des lumière douces et rosées dans ma tête lorsque je devais chanter cette nouvelle série de chansons.

J’ai invité quelques amis à faire les chœurs sur le titre Carelessness, à distance entre autre, certaines voix viennent de très loin (Ghana, Islande, USA), il y avait beaucoup d’interactivité dans le processus de création. J’étais porté par une petite armée d’artistes qui ont fait grandir mes ambitions artistiques, je me suis sentis très libre de proposer cette musique à la foi très pop, mais aussi parfois vraiment second degré.

Mais malgré tout, je crois que c’était important pour moi de faire la production, même s’il est beaucoup plus complexe d’assumer certains aspects du travail final, car le rendu est né d’une démarche très intime, il est difficile d’offrir quelque chose d’imparfait lorsqu’on est maladivement perfectionniste… mais c’est peut-être là qu’on réalise qu’une œuvre a sa vie propre.

It's a bit like packing your suitcase at the last minute, and choosing only perfumes, lucky charms and some favourite books.
I was living in Bordeaux, where I surrounded myself with a significant number of maniacs, and all the magic that came out created a very inspiring atmosphere around me.
I remember receiving my autoharp during the recording process, and then left with it to do some gigs in Scotland.
This little album is something hopeful, it was supposed to be much bigger, but this first experience of self-production had exhausted me and this short form finally made perfect sense: travel light! I left a few tracks in a box, they only short lived during few concerts.
The English language is a blessing for me. At least at that time, I had only a blurry idea of what I was singing, and I could experience surrealism in production but also in interpretation because I was singing "images" rather than "words" on stage.
I think it was even more blurry than that, that there were only soft and pink lights in my head when I had to sing this new series of songs.
I invited some friends to make backing vocals on the track Carelessness, via internet sometimes, some voices come from very far (from Ghana, Iceland, U.S), there was a lot of interactivity in the creation process. I was supported by a small army of artists who made my artistic ambitions grow, I felt very free to propose this very pop music, but also really off-beat.
But in spite of everything, I think it was important for me to do the production alone, even though it is much more complex to assume certain aspects of the final work, because the rendering was born from a very intimate approach. Difficult to offer something imperfect when you are such an obsessed perfectionist ... but it is maybe only then that you realize that an artwork has its own life.